Histoire de Maurice - Tome 4

Publié le par PIERRE

Histoire de Maurice, suite et fin

Le XXe siècle

La fièvre de Maurice

 

Cette arrivée massive a été bonne pour le rendement sucrier, mais on ne peut pas en dire autant pour la société qui n’a pas su (ou pas pu) s’adapter à cet apport aussi brutal : Criminalité et pleins de maladies sympas comme le choléra ou le paludisme. A propos du paludisme, apparu sous une forme spéciale juste pour Maurice (on dit endémique), il décime la population par à-coups avec une férocité inouïe pendant presque cent ans. On l’appelle la fièvre de Maurice.

 

 

Le communautarisme

 

Au début du XXe siècle, les entreprises blanches, hindoues, musulmanes, chinoises (ils sont venus prendre le contrôle du commerce de l’alimentation) et anglaises sont en concurrence et fonctionnent en cloisons étanches. C’est la cohabitation de toutes ces communautés sans aucun lien entre elles.

 

 

La Grande Guerre et le rapprochement raté vers la France

 

Beaucoup de mauriciens s’engagent. Ceux de la communauté blanche dans l’armée française. Ceux de la communauté créole, beaucoup plus nombreux, forment le « Mauritius Labour Battalion » et vont se battre en Mésopotamie. Et oui, on est égaux mais on ne va quand même pas se mélanger non plus… Ayo mama !

 

Après ça, Maurice a faillit redevenir française : Les habitants d’origine française sont très peu, mais on revendique le rattachement de l’île à la France au nom des descendants des colons français et au nom de la pérennité de la culture française dans l’île. Raté, l’Angleterre ne l’entend pas de cette oreille : « Maurice est et restera Française »

 

 

La seconde guerre mondiale

 

Maurice a été plus marqué qu’en 14-18. Les communications avec l’Europe et Madagascar sont coupées. En conséquence, l’île manque rapidement de ravitaillement et les denrées sont rationnées.

 

De plus, par crainte d’une invasion japonaise, on creuse des tranchées pour s’abriter en cas d’attaque aérienne et une base navale et aérienne est construite par l’Angleterre.

 

Mais le plus marquant a été le retour des engagés qui ont été exposés à d’autres horizons, d’autres cultures au Moyen Orient, en méditerranée, en France, en Italie ou en Angleterre.

 

 

L’après guerre : Problème de surpopulation

 

En 1950, le paludisme est enfin éradiqué de Maurice. Après près d’un siècle de ravages, la fin de ce fléau entraîne une explosion démographique sans précédant. Cela devient même un problème grave et sérieux puisque la densité trop importante a des répercutions terribles du point de vue social, familial et économique. De nombreuses familles tombe dans la misère et le chômage atteint des pics alarmants.

 

Plusieurs recommandations sont faites mais avant tout, tout le monde s’accorde pour dire que le pays doit absolument freiner son surpeuplement.

 

L’état prend donc la décision de financer deux associations :

 

Le « planning familial » qui encourage la contraception, et « l’action familiale » qui cherche à éduquer les couples à l’amour et à la maîtrise de la fécondité selon la loi naturelle. Sans stérilisation ni avortement, les progrès sont significatifs et Maurice reçoit le « United Nations Population Award »

 

On observe aujourd'hui encore à quel point cette époque a imprégné les mentalités : Sauf grande exception, deux enfants par famille, pas un de plus, pas un de moins. Une telle rigueur peut sembler surprenante, particulièrement dans les milieux catholiques.

 

 

Les conséquences sur l’éducation

 

La surpopulation a eu des répercutions également sur l’éducation : Pas assez de place dans les écoles. Dans l’urgence, trois mesures ont été prises :

 

  1. Chaque enfant suit les classes par demi journée, soit le matin, soit l’après midi. Cela permet de doubler la capacité des écoles

     

  2. Le passage à la classe supérieure est automatique

     

  3. Beaucoup d’écoles sont créées à la hâte sans les compétences nécessaires

     

Les deux derniers points se ressentent encore aujourd'hui, et le système éducatif actuel reste un bel échec : L’enseignement officiel est si mauvais que les élèves sont obligés de prendre énormément de leçons particulières pour avoir une chance de réussir les examens. Donc sans argent pour se payer des leçons, aucun espoir de réussir.

 

 

1968 : Indépendance de l’île Maurice

 

Pas grand-chose de commun avec l’indépendance de l’Algérie par exemple. Là, pas de « Je vous ai compris » qui tienne. L’Angleterre a voulu préparer soigneusement l’indépendance sans se retirer brutalement du jour au lendemain en abandonnant une population livrée à elle-même. L’indépendance a été préparée main dans la main avec les formations politiques du pays. En 1968, Ramgoolam, fils d’un émigré indien devient le premier dirigeant de l’île Maurice indépendante. Il pilote l’île vers un progrès économique et une meilleure justice sociale. C’est le véritable héro national au même titre que Mahé de La Bourdonnais ou le père Laval en leur époque.

 

 

L’Angleterre chasse les chagossiens

 

Mais dans l’histoire, les anglais se sont appropriés les Chagos, regroupement de quelques petites îles de l’océan indien. Un honteux chantage a été effectué pour que Ramgoolam accepte de voir débarquer tous les chagossiens en l’échange de l’indépendance de Maurice. Ce sont pas moins de 2500 chagossiens qui ont été déracinés et débarqués à Port Louis. Ils mènent aujourd'hui un combat juridique pour que leur droit soit reconnu et qu’ils puissent venir à nouveau habiter dans l’île dans laquelle ils ont grandit et dont ils ont été chassés injustement.

 

 

 

 

L’île Maurice aujourd'hui

 

L’île Maurice est une république indépendante

 

Langue nationale : L’anglais. Le français est beaucoup plus parlé. Le créole est la langue la plus parlée. Plusieurs langues orientales dont l’hindi et l’ourou (Inde)

 

Economie : Tourisme, canne à sucre, textile

 

Religion : 60% d’hindous, 25% catholiques, 25% musulman

 

Gastronomie : mélange des cuisines indienne, créole, chinoise et européenne

 

Musique : Le Sega

 

Publié dans Maurice

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