Histoire de Maurice - Tome 3

Publié le par PIERRE

Les débuts de la période anglaise (1810)

L’Angleterre veut une colonisation pacifique

L’Angleterre ne cherche pas à imposer sa culture ni à faire souche à Maurice. Elle désire simplement maîtriser et contrôler l’administration de l’île. Le changement de régime est donc effectué avec beaucoup de patience et de doigté. Ainsi les colons sont assurés du respect de leurs lois, coutumes, religions et propriétés. Bien qu’anglais, on continuera donc de parler français dans la rue, au théâtre, dans la littérature, dans les journaux…

En arrivant à Maurice, on s'imaginait qu'on devrait parler anglais pour se faire comprendre de la population locale... On a été bien étonné de voir que les gens comprennent meix le français que l'anglais, que la télévision, les journaux, la radio sont en français... Et la langue créole est beaucoup plus proche du français que de l'anglais.


La fin de la traite des noirs

Un beau jour, les pressions chrétiennes et humanistes deviennent trop fortes et on se dirige progressivement vers l’abolition de l’esclavage un peu partout dans le monde. Mais cela prend beaucoup de temps.

 

L’Angleterre commence par interdire officiellement la traite des noirs, c'est-à-dire le commerce des noirs. La marine britannique va même jusqu'à faire la chasse au trafic clandestin et débarque les africains libérés à Maurice puis dans toutes les îles de la région (ainsi les Seychelles, Rodrigue, Les Chagos, Agalega sont peuplées d’africains déracinés ayant étés libérés avant même d’être esclaves). Pendant ce temps, la situation ne change pas pour les esclaves déjà employés à Maurice. L’étape suivante est l’abolition pure et simple de l’esclavage.


L’abolition de l’esclavage en dédommageant les propriétaires

Le gros problèmes, c’est que les esclaves sont juridiquement un « bien meuble » et représentent des gros capitaux. Le bras de fer commence entre le gouvernement de la couronne d’Angleterre et les propriétaires qui refusent l’idée d’une violation de leurs possessions humaines !

 

Finalement, la seule issue trouvée est le dédommagement financier des propriétaires. Dans ces conditions, l’abolition de l’esclavage peut donc enfin être proclamée (1835). Mais là encore, le changement n’est pas trop brutal puisque les esclaves deviennent des apprentis au service de leur ancien propriétaire. Le changement est d’abord au niveau du statut. Il faut attendre encore trois ans pour la libération totale. Si certains choisissent de rester au service de leurs anciens maîtres, la grande majorité quittent tout, s’installent dans les banlieues et deviennent  ouvriers, dockers à Port Louis (chargement et déchargement des marchandises des bateaux)

 

 

 


Le père Laval, apôtre des noirs

Il ne faut pas croire que tout va mieux depuis l’affranchissement des esclaves. En fait, la libération a surtout profité aux propriétaires qui ont reçu des généreuses compensations financières. De leur côté, les affranchis sont abandonnés à leur propre dénuement, sans formation et sans reconnaissance sociale.

 

Il a fallu l’arrivée d’un prêtre français (décidément, ces français !) pour effectuer une authentique révolution des esprits, des cœurs et des mœurs. Le père Laval, originaire de Saint Malo, béatifié par Jean Paul II, a christianisé de façon durable la communauté créole. En reconnaissance, un grand pèlerinage nocturne rassemble tous les ans des dizaines de milliers de fidèles, en anniversaire de la mort du père. Si tout va bien, on pourra assister à cet évènement. Ca se passe le 8 septembre, Bénédicte arrivera tout juste et sera vite dans le bain de l’île Maurice !

 

 

 


L’engagisme indien, véritable esclavage moderne

On est à peu près au milieu du XIXe siècle. La situation s’est bien arrangée pour les esclaves africains. Mais malheureusement, l’industrie sucrière a besoin de beaucoup de main d’œuvre et les noirs affranchis ne veulent pas faire le travail qui leur rappelle leur récente condition d’esclaves. Une solution facile : on se tourne donc vers l’Inde ; on recrute de grés ou de force des villages entiers en promettant un avenir doré à Maurice ; on les embarque ; on les faits bosser comme des chiens dans les champs de canne à sucre ; on les brutalise ; on les prive de nourriture pour les punir… Bref, c’est beau le progrès. On a recréé un esclavagisme légal pour remplacer les noirs affranchis.

 

Ils ont aussi essayé avec les chinois, mais ils ne s’adaptaient pas aux conditions de travail.

 

Et le besoin en main d’œuvre est tel que rapidement, la communauté indienne constitue les deux tiers de la population mauricienne. Pleins de petits villages indiens poussent comme des champignons, reconstitutions assez  fidèles de leurs anciens villages d’Inde. Dans chaque agglomération, un temple Hindou ou une mosquée musulmane (et oui, il y a quelques indiens musulmans)

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